Tuesday, October 31, 2006

Consommatrice active

J'ai eu une 'date'. Avec amant-potentiel-qui-sent-le-cul-à-des-kilomètres. Et c'est confirmé: amant-potentiel sent le cul à des kilomètres...
D'abord, j'étais complètement abasourdie d'avoir une 'date'. Ma dernière 'date' datait de neuf ans auparavant... Pathétique non? Donc, depuis ce temps, je me suis enfilée vingt gars et/ou hommes et/ou êtres humains sans même une 'date' officielle!?! C'est à croire qu'il y a d'autres moyens non!?! Je l'accorde, il était temps que je me remette un peu au niveau social de la Montréalaise typique. Pour atteindre ce niveau d'activité sociale, une question me brulait les lèvres: On fait quoi dans une date? J'ai assailli mon colocataire de mes interrogations juste avant son départ pour sa 'date' à lui...
-Bonne date G, à demain championne!
-Euh... ne part pas! Faut que je sache. On va faire quoi dans ma date?
-G, une date c'est pour apprendre à connaître la personne.
-???
-Tu vas parler de toi, de lui, blablabla, franchement G, tu vas trouver.
-On va baiser tu crois?
-Te connaissant; oui!
-Ok, bonne soirée!
Et je suis allé rejoindre mon Christophe. Et tout s'est bien déroulé. Et on a appris à se connaître. En profondeur. On a beaucoup rit aussi. Particulièrement quand j'ai senti et gouté le vin comme une experte, accepté la bouteille et lui ai refilé mon verre de dégustation en vitesse avant que la barmaid verse nos verres en insistant pour qu'il goûte. -allez Christophe, essaie pour être certain. -Voyons, G, je te fais confiance. -Non, j'insiste Christophe. -??? J'ai dû lui chuchoter à l'oreille que puisque j'ai la grippe depuis deux semaines, je n'ai plus aucune capacité gustative... Surtout, mon petit atmosphère s'est détendu quand la bouteille de vin s'est entamée. On étais sur la même fréquence. Deux êtres peuvent avoir la même longueur d'ondes mais si les ondes ne sont pas synchronisées et ne font que se croiser, il n'y a pas de complicité qui s'installe. La complicité s'est installée. Après six, rencontres, une 'date' officielle, une conversation fluide et sympathique, j'ai décidé que j'étais devenu son produit et que mes ovaires clapotaient assez fort dans mon ventre pour consommer mon produit.
Chez lui. L'amalgame de tout ce que j'aime au lit en 'loop' pendant deux heures. D'abord, des compliments charmants dans un appartement charmant avec un homme plus que charmant. Puis des baisers plus puissants que charmants et des caresses enlevantes. Puis, des caresses plus puissantes qu'enlevantes et des vêtements plus enlevants que présents... Le tout parsemé de répliques qui m'ont fait craquer. 'You're adorable' suivi de 'Humm, you're beautifull' enchainé par 'God, you're hot' **. Je me sentais comme Ulysse en Odyssée; bénie des dieux, forte et prête pour l'aventure de ma vie. Les préliminaires à eux seuls fûrent passionnés, à la limite du 'dirty sex'. La tension montait, mes pulsions aussi, j'ai l'impression de m'être retrouvée avec mon alter ego sexuel... -Ok Christophe, let's fuck.
Détail important que j'ai oublié de mentionner: Christophe est dans la catégorie 'surdimensionné'. Croyez-moi, je croyais avoir tout vu. Non. Maintenant j'ai tout vu. Après mon 'let's fuck' torride, j'ai même eu la trouille. Mais j'étais capable d'en prendre, lui, d'en donner. On a baisé. Je veux dire: on a Vraiment baisé. Une connexion totale. Je ne sais pas si c'est que j'ai eu l'impression d'une connexion entre tous les stimulants vaginaux, clitoridiens et anaux possibles tous combinés par une simple pénétration mais j'ai franchement apprécié la chose. Du vrai sexe. Avec un grand S. Un orgasme et plusieurs gémissements plus tard, voilà que Christophe recommence avec ses stimulis impressionnants. Deux doigts plus tard, deuxième orgasme conjugué d'un écoulement tout nouveau: Je peux être une femme-fontaine!!! Et je peux saloper 30 cm carrés de canapé!!! (Voir plus de détails sur les femmes-fontaine sur le lien ci-dessous) Fini le divan, on s'est déplacé sur le cuir pour terminer le tout par une fellation plus que satisfaisante.
Le lendemain, j'ai eu le grand bonheur d'avoir un réveil de caresses et de baisers. La chimie était toujours présente. Je lui ai fait honneur d'une seconde fellation puisque c'est le classique matinal et me suis endormie à nouveau sur son ventre. Second réveil de caresses et de baisers, plus imposants cette fois. -Humm, tu sais Christophe, moi le matin je n'ai jamais vraiment env.... Trop tard, j'étais déjà prise sous contrôle par mon adonis. Et on a baisé. Encore et encore. Et c'était complètement génial. Je vous avoue que les pénétrations de ma 'date' remettent les idées en place le lundi matin. En fait, c'est tellement parfait que ça doit remettre en place pas mal de trucs dans mon système entier! J'ai profité de mon retard déjà bien assumé pour bénéficier de notre compatibilité: on s'aime bien. Et je suis entrée au travail, un sourire accroché pour la journée.
Bonne semaine fuckers!
**Christophe est anglophone... J'ai dû trouver ça exotique.

Thursday, October 26, 2006

Pensée interrompue

Hum... Pas de blogue depuis la semaine dernière. Et de plus, j'ai terminé le tout de façon quelque peu drama-psycho-queen. Des résultats de ma fameuse interruption? Aucun. En fait, aucun résultat, mais bien des actions. D'abord, je suis dans une millionnième restructuration de vie. Mes proches le savent, je restructure toujours ma vie. Souvent de manière absurde mais j'agis et c'est mieux que rien. Finalement, ma vie se restructure souvent toute seule puisqu'elle est remplie de facteurs que je ne contrôle malheureusement pas: des gens.

Donc, depuis 9 jours, des gens dans ma vie. D'abord, un amant-potentiel-qui-sent-le-cul-a-des-kilomètres-ou-chum-long-terme-défonceur-c'est-certain. qui me soutient de loin... C'est a voir. En fait, je l'aime bien le nouvel adonis. Et surtout, nous n'avons pas encore consumé notre désir (eh oui, je crée la rareté...voir blogue précédent!). Pourtant, désir il y a, croyez-moi. Surtout après s'être enfilé baisers par dessus baisers l'autre soir... Après avoir senti ses grosses mains sur moi, sa chaleur, son souffle, ouf!

Aussi, ex-Fred qui relance avec des mails rigolos... J'ai mis mon out-of-office juste pour lui! Je sais, c'est méchant mais tellement satisfaisant.

Aussi, ex-Phil qui rappelle. Et ex-G qui ne répond pas. Ça aussi, c'est très satisfaisant...

Finalement, Viktor qui rappelle. Et G qui répond. Je n'ai pu m'empêcher. Je n'avais ni satisfaction, ni méchanceté, ni sentiment de vengeance qui auraient pu motiver mon inaction. C'était pour prendre de mes nouvelles, me voir. J'étais ravie. Comme une idiote. Et j'ai répondu comme une idiote. En chantonnant un saaaluuuut idiot. Ou un saaaluuuut ravi. Et on a discuté de moi, pour la première fois. De ma vie, mes choix, les voies que j'ai prises. Bizarrement, de si loin, je me suis sentie près de lui. C'était comme l'avoir dans mes bras. C'était comme si toute ma vie lui était claire, parce qu'il comprennait. Il a su lire entre mes lignes, et peu de gens en sont capables... Très bizarre. Viktor voulait vraiment prendre de mes nouvelles, pas me baiser. Le tout s'est terminé sur un: 'G, tu me manques, prends soin de toi et reviens-moi en forme d'accord?', -'Moi aussi je m'ennuie Viktor... Bonne nuit'

Tuesday, October 17, 2006

Confessions de cul au chalet...

Je suis au chalet. Enfin. Déjà douze heures à moi toute seule. Je me suis tapée depuis hier 2 disques de Sex and The City. C'était la première fois que j'écoutais la série... -Tu vas voir G, c'est vraiment intéressant, m'avait dit une amie. Been there, done that, c'est plate la télé. À part Carrie qui s'enfile des clopes dans pleins d'endroits publics, c'est l'emmerde. Je ferme la télévision et sort la plume.
Je suis seule au chalet. Non, je n'ai pas fait parvenir mon fameux 'mailinglist' a quiconque. Vous savez pourquoi? RAISON BIDON 1: Tout le monde voulait venir, j'ai donc abandonné l'idée pour ne pas choquer personne. RAISON BIDON 2: Je voulais profiter de mon intimité pour me retrouver. RAISON BIDON 3: L'homme de ma vie devait venir mais a dû partir en Afrique pour sauver le monde.
Je suis toute seule au chalet. Je suis prête à affronter les 30 heures avant le départ: Bas chaud, clopes, vin, papier, crayons et feuilles. Je me suis permise une petite virée au Korvette local... Korvette, ça réchauffe l'âme quand on se sent seul. On réalise en y allant que beaucoup de gens doivent être plus seuls encore pour se taper des casses-tête imprimés de dauphins roses pour 12.99$... Bref, le shopping est terminé, il y a moi, les oiseaux et la neige d'hier qui s'évapore sous les rayons du soleil.
Je suis très seule au chalet. J'ai 30 heures pour comprendre ce qui m'arrive. Pour comprendre pourquoi depuis un mois, j'ai une envie irrésistible de 'trash'. Pourquoi j'ai le goût de m'enfiler de la drogue, de l'alcool et des mecs aux deux secondes. Et surtout, pourquoi je ne résiste pas à mes tentations et que je le fais. Une fois, de plus, j'assume. J'assume mais je ne sais plus pourquoi tout a commencé mais surtout, comment tout ça va finir. Mon symptôme est unique mais dangereux: plus de limites. Hum, 29h30...
Ça y est, j'ai trouvé. J'ai tout compris à l'instant. Il me reste même 5 heures pour profiter de ma trouvaille. L'illumination s'est produite quand ce midi, au restaurant, la serveuse, en m'apportant de rutilantes gauffres hyper-caloriques s'est permis un commentaire: 'Voilà ma belle, ça va combler le vide'. Je suis retournée au chalet mêlée... quelle phrase bizarre pour une serveuse! Mais pourtant si proche de mes sentiments... Et j'ai compris!
Le vide, combler, si simple! Ça fait plus de deux mois que je fais le vide, que je me départi de ce que je fûs autrefois. Résultat, un grand vide à combler. Je n'ai plus d'histoire: jamais eu d'ex, jamais habité ailleurs, jamais eu d'amants, jamais travaillé ailleurs; j'ai fait tous ces deuils. Croyez-moi, c'était une grosse partie à vider. Et je cherche désespérément mais aussi inconsciemment à remplir les vides. Mon goût de 'trasher' est explicable par le besoin irrépressible de combler ce que je me suis arraché de l'âme. Sexe et abus sont les meilleurs compensateurs que je connaisse, à court terme. Surtout, ils me sont très accessibles. Comment tout ça va finir? Je n'en ai aucune idée. Je sais seulement que mon histoire doit se rebâtir sur des bases plus solides.
Bonne semaine!

Pourquoi??


Comment tout a commencé? On m'a posé la question. J'ignorais la réponse puisque ça semblait être la chose la plus naturelle au monde. Pas spontanée ou inattendue; naturelle. En fait, rien n'a commencé, tout a toujours été. C'était pour dissiper les tensions. En amitié homme-femme, des tensions sexuelles se créent, c'est immanquable. Je ne les encourage pas. Je les nourries plutôt à grand coup de sous-entendus, de charme.

On s'est enfin compris à coup de langues et de bassins. Dans les yeux, Ian a compris la femme; moi, l'homme. L'harmonie parfaite de quelques heures, de deux âmes qui s'accordent amour, de deux bêtes qui se libèrent. J'avais tout imaginé, calculé. Son poid sur moi, sa peau contre la mienne. Il ne manquait que nos vibrations: la seule chose que l'on ne peut imaginer. La seule chose que l'on ne peut prédire, même avec beaucoup de complicité. La seule chose qui m'importe réellement. La chose qui m'a fait jouir quand il a pris possession de moi. Lui dans ma chair. L'évacuation de mes tensions des derniers temps à son égard. Ensuite, ce fût l'orgasme, ensemble. Un orgasme prenant qui fait que l'on mord sans mordre, que l'on crie sans crier, que l'on bouge sans bouger. Moi, lui, une chambre, une amitié ratée ou sauvée, le temps le dira. Un soir d'octobre, dans nos bras, nous avons changé le cours de nos vies, loin des hommes, des femmes, des amis. Quatre condoms, 12 heures plus tard, il me regarde en riant: -J'ai faim, on se fait une bouffe?

PS: Cette baise était commanditée par les martinis GreyGoose-lytchee...

Wednesday, October 11, 2006

Fuck and Breakfast

‘G, tu dois faire de toi un produit, non un service… c’est comme ça que j’ai fait la notoriété de ma compagnie. Les gens doivent s’arracher de toi, tu dois créer la rareté et l’indisponibilité… On s’arrache les produits, les brand, mais on ne s’arrache pas quelqu’un qui fait ce que l’on veut! Tu sais, avant, je me pliais en quatre pour des clients, chargeant moins cher, faisant leurs quatre volontés; aujourd’hui, c’est eux qui fonctionnent à ma manière, et c’est ce qu’ils veulent… Tu dois recréer la même chose avec tes mecs, G. Ils doivent vouloir être avec toi après tout.’

Citation de Marc, un excellent ami à moi… Merde, c’est bien beau tout ça mais ça n’arrange rien à ma cause. Et de toute façon, quelle cause hein? Depuis quelques temps déjà, j’ai une mobilisation de mon entourage sur mon cas. Quel cas hein?

Bon, je l’accorde, je ne dis pas tout… Je ne peux pas. Comment expliquer à des amis que je suis la muse secrète d’un riche héritier mafieux ou que je me fais un plaisir de déshomosexualiser un ami? Sans compter tout le reste… On n’est plus dans le domaine du service à mon avis. Ou au contraire, le service est tellement grand que l’on le croit inoffensif? Mais je ne peux demander l’avis des gens, parce que c’est mon petit jardin. En fait, le jardin n’est plus petit puisque de semaine en semaine, de jour en jours, j’y ajoute de l’incongruité. C’est le Jardin Botanique mon truc… plus le stade, plus l’insectarium, plus le Biodôme…

Donc, faire de moi un produit… rare! On va tâter le terrain cette semaine. En fait, j’avais plutôt décidé de m’accorder un peu, beaucoup de temps pour moi toute seule. Je me loue un chalet, ou un B&B pour le week-end à moi seule. Personne n’y croit jusqu’ici. Avec raison d’ailleurs puisque j’ai ajouté un ‘mais’ à mon épopée de la fin de semaine : si quelqu’un s’offre à venir me baiser tout le week-end, j’abdique et accepte un peu de visite. Mais la partie du ‘mais’ n’est pas gagnée puisque je n’ai pas des amants très constants ces jours-ci. En fait, j’ai songé à me faire un mailing list d’amants potentiels pour le week-end, de mettre tout le monde en CC non cachée et de suggérer mon plan machiavélique :

Subject : Fuck and Breakfast

Salut à tous!
Je cherche un ami pour me baiser tout le week-end dans la région de Charlevoix. Faites-moi signe d’ici jeudi si l’un de vous est intéressé. En fait, puisque c’est mon moment de détente perso, je me limiterai à 5 fellations par jour. (juste pour ne pas créer de déceptions…)

Bonne journée!

G. XXX

Si ça ce n’est pas créer de l’engouement, dites-moi ce que c’est??

Bonne semaine!

Précis de préfixes parfaits pour sexe mixte

Répétez ça de 10 à 20 fois et je vous promets que vous ferez des fellations du tonnerre après. On sous-estime la dextérité buccale de nos jours. Croyez-moi, l’archiduchesse avait autre chose à cirer dans la vie que ses chemises… c’était une cochonne… Bon, bon, un petit blogue pour vous faire part de mes nouveaux mots puisque dans le sexe, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Donc, à ajouter à votre vocabulaire… si ça s’applique!

Déshomosexualiser : v. Avoir des relations sexuelles avec quelqu’un d’homosexuel à l’origine. Se conjugue comme homosexualiser, son antonyme.
Origine : euh… d’après vous?

Érogéniser : v. Stimuler les zones érogènes de son partenaire. L’érogénisation se fait habituellement de façon orale ou digitale.
C’est en fait un art que de découvrir les parties sensibles du partenaire et d’y parvenir dans un délai raisonnable…
Érogénatrice : n.f. Femme qui a un vilain plaisir à érogéniser son partenaire.
Euh… tout a commencé lorsque j’ai eu la demande suivante : ‘Peux-tu me faire une pipe pendant que je m’endors?’ J’ai trouvé l’idée tout simplement géniale. Que de beaux rêves il a dû faire! C’est à ce moment que je suis devenue l’érogénatrice par excellence de mon petit jardin secret…

Monday, October 02, 2006

Merde

Pas facile écrire un blogue… En fait, j’ai même beaucoup moins de trucs à raconter depuis que je partage mes trucs. Mes idées, mes envies, mes pulsions, mes peines, mes joies se cognent et remuent dans ma tête juste au moment de sortir la plume, le tout devient incohérent à divulguer et je m’arrache les méninges à filtrer le platonique qui me vient immédiatement à l’esprit. Nous sommes platoniques; je ne vous connais pas. Du moins, j’espère que je ne vous connais pas tous! Est-ce le blogue ou une sournoise métamorphose qui me transforme doucement depuis quelques mois? J’aurais tendance à dire le blogue. Mais je serais malhonnête… G du vers au papillon? Ou G de l’eau à la vapeur? Ou G du feu à la cendre? Qu’est-ce qui m’arrive?

En effet, depuis le printemps déjà, ma transformation s’est entamée. J’ai d’abord été malade. Deux journées clouées au lit chez ma tendre maman. C’est ce qui me reste de la relation parent-enfant avec ma mère; d’appeler en sanglotant et répondre en chignant à sa question ‘Alors tu vas bien? -‘Nooonnn, je suis maalaaade maman, hic!’ Et de débarquer pour profiter du traitement préférentiel de la fille super autonome qui est au bout du rouleau. Se permettre de lire les livres ésotériques de maman, manger de la souper et du pâté chinois, nourrir les lapins et flatter le chien. Le ressourcement total. Durant ces deux jours, je me suis auto-questionnée : ‘G, tu en es ou avec l’amour?’ Le timing était bon puisque je fêtais un an de célibat bien assumé, un an à me foutre éperdument des gens, à ne pas me poser de questions, un an à me jurer que je serai seule toute ma vie, un an à vivre ma vie. Un an aussi à devoir confronter mes actes, assumer mes gestes et éprouver des gens. Je savais que ma vision devenait éphémère. J’en ai conclu que je serais enfin prête à m’investir mais dans un amour plus grand que chum-blonde. Un amour basé sur le respect, qui permet de partager notre vie ensemble et non de s’approprier la vie de l’autre, qui puise sa puissance dans l’authenticité et l’amitié. J’étais prête à avoir un complice, quelqu’un que j’aime du fond de mes tripes, qui me fait vibrer…

J’en suis encore là. Depuis des mois, je descends mes propres barrières. Je défais les limites que je me suis moi-même imposée par survie ou par lâcheté. La lâcheté est relative mais ne pas vouloir m’investir en sonnant l’échec à l’avance c’est lâche. Et c’est aussi ce sur quoi je conditionne ma vie depuis plus d’un an. D’un autre côté, je n’ai jamais de déceptions puisque tous mes deuils sont faits avant même la fin. Jamais de peine. Et soudain, je tente de tâter le terrain du couple potentiel comme on tâte du doigt un bébé pour la première fois à cinq ans. Et j’ai la frousse. Je me sens vulnérable, faible et idiote. Parce que pour être honnête, toutes mes histoires de ‘terrain connu’ sont une création imaginée par mes méninges les plus sournoises. Ces petites méninges auto-protectrices qui bloquent tout, créent l’illusion du bien-être, me chuchotent à l’oreille que je suis sur la bonne voie, me donnent des haut-le-cœur quand un couple se partage une crème glacée sous mes yeux. Des méninges qui ont eu mal, qui se protègent… et un cœur qui a eu mal mais qui fait son deuil et prend espoir.

De là, j’entame soit un auto-conditionnement à être seule, renforcir toutes ces barrières et peut-être un jour quelqu’un bâtira un espoir plus haut que ces barrières ou je défais ces limites et me crée parfois des attentes faces aux autres. Moins lâche mais plus dangereux. Quoique lesn attentes sont dans ma vie synonyme de déceptions. Je n’ai pas encore fait mon choix. Je sais que ma petite auto-protection conditionnée travaille fort de son côté pour me garder en liberté. Mon cœur, lui, est beaucoup plus discret; il ne se manifeste que dans quelques espoirs, mis à rebus en quelques minutes seulement lorsqu’un échec se pointe. Une véritable guerre de sens, d’amitiés et d’amour. Phéromones et dopamines contre oxytocines et endorphines. Et moi, qui créa, il y a un an ces mini-terroristes à force de les éprouver.

Bien joué G.